Le ventre, notre deuxième cerveau.

Le ventre… Depuis la nuit des temps, l’humain y a toujours associé des émotions. Avoir du cœur au ventre, la peur noue les tripes, l’amour donne des papillons dans le ventre… Se peut-il qu’il y ait là autre chose que le sens figuré?

Les premiers organismes pluricellulaires apparus sur Terre n’étaient essentiellement autre chose qu’un intestin. Manger-Digérer-Éliminer. Mais pour se faire, les vers préhistoriques devaient avoir un système nerveux pour contrôler la digestion et communiquer avec leur environnement.

Ce n’est que des millions d’années plus tard que l’évolution a doté les animaux (et l’humain) d’un cortex cérébral doté de facultés visuelles, olfactives et auditives, permettant aux animaux plus rusés de faire autre chose de leur temps que de constamment rechercher de la nourriture.

L’évolution, loin d’avoir abandonné notre cerveau primitif,  a conservé dans nos intestins plus de 200 milliards de neurones qui tapissent les parois de nos intestins, soit un nombre équivalent au cerveau d’un chien!  Ces neurones sont tout à fait similaires à celles retrouvées dans notre cerveau.

Existe-t-il un lien entre ces deux groupes de neurones? Examinons la maladie du Parkinson. Certains patients développent des problèmes intestinaux des années avant que les symptômes moteurs n’apparaissent. Michel Neunlist et son équipe ont découvert lors d’une biopsie des intestins d’un patient atteint du Parkinson, que les neurones de ceux-ci étaient atteints de la même façon que les neurones de son cerveau! Cette découverte pourra mener à un dépistage préventif de la maladie et qui sait peut-être à un traitement?

La sérotonine est un neurotransmetteur bien connu. Elle est produite dans le cerveau et absorbée par l’hypothalamus,  responsable du bien-être. Les intestins aussi produisent de la sérotonine. Longtemps on a cru que cette sérotonine servait simplement à rythmer le transit et réguler le système immunitaire. Ce n’est que tout récemment que les chercheurs ont découvert que la sérotonine produite par les intestins transitait par le sang vers le cerveau. Et les intestins sont responsables de 95% de la production de sérotonine dans le corps!

Les intestins contiennent 100 000 milliards de bactéries, 100 fois plus que de cellules dans notre corps. Outre le fait qu’elles digèrent les molécules que les intestins eux-mêmes ne pourraient dégrader, leurs interactions avec le corps sont encore très mal comprises. Steven Collins et son équipe ont interchangé le microbiot (flore bactérienne) de lignées de souris agressives avec celui de lignées de souris passives, et vice-versa. Et contre toute attente, les comportements des souris se sont également inversés!

Ce phénomène de micro-organisme influençant le comportement chez les animaux était déjà connu mais seulement chez des parasites. Par exemple la toxoplasmose modifie le comportement de la souris, annihilant sa peur du chat. Lorsque ce dernier mange sa victime, la toxoplasmose se retrouve dans l’intestin du chat, lieu idéal pour elle pour se développer en tout confort.

Influencer la flore bactérienne chez l’humain peut se faire de seulement deux façons connues jusqu’à présent. Par l’ingestion d’antibiotique qui détruise les mauvaises comme les bonnes bactéries et par les probiotiques. Ceux-ci ont encore une action peu connue, et ce même si l’industrie laitière en vente les bienfaits. Kirsten Tillsch a toutefois démontré que l’ingestion de probiotique diminuait la réaction de stress chez des patientes saines à la vue de visages montrant une émotion négative.

Toutes ces découvertes ouvrent la porte à de nouvelles recherches de médicaments et traitement pour la santé mentale. Se peut-il que d’ici quelques dizaines d’années nous pourrions ingérer une colonie de bactérie pour traiter la dépression?

D’ici là, on peut toujours se tourner vers la Médecine Chinoise. En effet la relation saine entre les organes est la base même de cette dernière. Lorsque la communication est peu ou trop importante, il y a apparition de la maladie. Depuis les fondements mêmes de la Médecine Chinoise il est connu que les intestins et l’esprit ont un lien très important. Mais ce qu’il y a d’intéressant, c’est qu’une toute nouvelle acupuncture s’est développée au cours des 40 dernières années, l’acupuncture abdominale. Développée par le Dr Bo Zhiyun, cette méthode permet de traiter à distance bon nombre de désordres. Elle est particulièrement efficace concernant les troubles dépressifs et de santé mentale. Une étude à l’IRM confirme que plusieurs zones cognitives et émotionnelles du cerveau s’activent après une séance d’acupuncture abdominale.

Alors, quelques aiguilles pour vous remonter le moral?

Référence :

Le Monde Télévision Le Ventre, Notre Deuxième Cerveau : http://www.youtube.com/watch?v=HF7ytnfRxyY

http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/01/31/le-ventre-notre-deuxieme-cerveau_4354317_3246.html

 

 

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