Épargner, orienter et augmenter notre énergie

On nous promettait une société des loisirs, mais combien d’entre nous terminent leur journée, leur semaine de travail exténués? Ce qui fait que l’on profite réellement de la vie, c’est l’énergie dont nous disposons pour jouir de nos temps libres. Pensons aux hommes qui ne sont pas satisfaits de leurs performances sexuelles ou aux femmes qui n’arrivent pas à tomber enceintes, ou bien aux mélomanes qui ne vont plus voir de concerts parce que, partant, la soirée débute trop tard… Pensons aussi aux dépendants qui se retrouvent isolés des êtres chers parce qu’ils ne leur offrent plus une qualité d’attention suffisante en raison de leurs comportements addictifs.

Pour épargner l’argent, il faut savoir comment nous la gaspillons et planifier nos dépenses. Il en va de même avec l’énergie. Voici donc un exercice visant à prendre conscience de nos dépenses d’énergie et une stratégie pour l’épargner. L’objectif étant d’augmenter l’énergie disponible pour ce qui compte vraiment pour nous.

Inventaire de l’utilisation de l’énergie

Pour cet exercice, vous devrez:

  1. avoir papier et crayon à portée de main en tout temps
  2. choisir un signal qui éveillera votre attention à intervalle plus ou moins régulier. Pour faciliter les choses, il peut s’agir d’une minuterie, mais le plus intéressant est de choisir un élément aléatoire venant de l’environnement extérieur. Par exemple, chaque fois que l’on croise un taxi dans la rue, chaque fois que l’on reçoit un message texte, chaque fois que l’on a envie d’uriner, etc.

Procédure à suivre:

  1. Dessiner trois colonnes sur une feuille de papier et inscrire dans la première colonne: « Qu’étais-je en train de faire », dans la deuxième « qu’étais-je en train de penser » et dans la troisième: « est-ce bien ce que je veux faire »
  2. Régler la minuterie toutes les demi-heures, ou mieux, s’il est possible de la régler à intervalle irréguliers pour ne pas pouvoir l’anticiper (ce pourquoi choisir des éléments aléatoires de l’environnement extérieur est intéressant).
  3. À chaque déclenchement du signal, s’observer un instant et répondre par écrit à chacune des trois questions dans l’ordre. Les réponses doivent être brèves, concrètes et objectives. Sans analyse. Essayez de le faire quel que soit l’endroit où vous vous trouvez et quelque soit ce que vous êtes en train de faire. La réponse porte bien entendu sur l’action qui se déroulait juste avant le signal.
  4. Avant d’aller au lit, relire la feuille de la journée et répondre sur une feuille à part aux questions suivantes: a) mes pensées ont-elles été diversifiées ou répétitives? Quel était le contenu des pensées les plus récurrentes? ; b) Mes activités ont-elles été plus variés ou plus répétitives? Quelles sont les plus répétitives? c) Y avait-il un lien entre mes pensées et mes actions? ; d) Mes pensées et mes actions correspondent-elles à ce que je voulais? (Ici, on peut quantifier cette correspondance en pourcentage.)
  5. Répéter l’exercice pendant une semaine. Répondre aux questions en 4. pour l’ensemble de la semaine.
  6. Répéter l’exercice pendant tout un mois et refaire le même bilan après quatre semaines.
  7. À partir des données obtenues, dresser la liste des pensées et des actions qui composent notre vie. On pourrait y retrouver diverses choses comme des routines, des dépendances, des émotions, des pensées insistantes, des états d’âme, un flânage excessif sur les réseaux sociaux et des réactions émotionnelles en découlant etc. Il s’agit là, ni plus ni moins, de l’inventaire de notre utilisation d’énergie.
  8. Répartir ces éléments en deux colonnes: 1. Ce qui est indispensable à ma survie (respirer, manger, etc.) 2. Ce qui ne l’est pas.
  9. Répartir les élément de la colonne « non-indispensable » en deux nouvelles colonnes: 1. ce qui me fait du bien et que je devrais continuer de faire ; 2. Ce qui me semble néfaste et que je devrais cesser de faire.
  10. À nouveau, répartir les éléments de la colonne « activités néfastes » en deux colonnes: 1. ce que je suis en mesure d’arrêter, sans difficulté ou avec un léger effort ; 2. ce qui me semble nécessiter un effort trop grand pour être écarté de ma routine.
  11. Choisir parmi les activités que je me sens en mesure d’arrêter celles que je vais effectivement arrêter pour une période déterminée. L’énergie libérée se transformera aussitôt en énergie disponible. Puis, à la fin de cette période décider si l’on prolonge, pour un temps ou indéfiniment, cet état des choses.

 

Commentaires sur cette technique

  • Cette période d’observation appartient à une attention plus aiguisée, une sorte de conscience accrue
  • Ne pas perdre de vue que cette observation doit conduire à un registre de faits, non pas à leur analyse, et qu’elle doit être faite de manière objective et sincère
  • La plupart d’entre nous avons des pensées et des gestes répétitifs autour desquels notre vie s’articule et dont le changement implique un bouleversement complet de notre façon d’être et non pas pour mousser encore la description que nous nous faisons de nous-même.
  • Les critères permettant de définir ce qui nous est indispensable ou favorable sont discutables. Encore une fois, il convient de ne pas analyser ce sur quoi se fondent nos critères personnels.
  • Selon les dispositions de chacun, on pourra commencer par arrêter les activités les plus dissipatrices d’énergie ou celles qui sont les plus faciles à arrêter.
  • Il est important que les périodes de suspension des activités les plus dissipatrices soient déterminées avec précision et ne soient pas trop longues. Le périodes courtes ont l’avantage de nous permettre d’évaluer plus souvent nos résultats et de prendre en toute connaissance de cause la décision de poursuivre nos efforts. Pour ceux qui cherchent à se libérer de leurs dépendances, il s’agit d’une approche relevant plus de la réduction des méfaits que de l’arrêt drastique (cold turkey) et pour toujours.

 

Cet exercice se veut un complément des traitements que votre acupuncteur vous proposera. Rendre votre énergie disponible est un facteur augmentant significativement les chances de réussites de quelque entreprise que ce soit, incluant une démarche en acupuncture ou d’autres traitements médicaux ou en psychothérapie.

 

Tiré du livre:
Les Enseignements de Don Carlos, les applications de l’oeuvre de Carlos Castaneda. Victor Sanchez, éditions Alphée, 2006.

Image prise sur ce site

 

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